THS et périménopause : ce qu’il faut savoir avant d’en parler à son médecin

La périménopause amène souvent une question concrète : faut-il envisager un traitement hormonal ? Le sujet reste chargé d’idées reçues, héritées en grande partie d’une étude publiée en 2002. Cet article rassemble ce que disent aujourd’hui la HAS, l’ANSM et le CNGOF/GEMVi sur le traitement hormonal substitutif (THS), sans jamais recommander ni déconseiller une prise en charge individuelle.

En bref : le THS (ou THM, traitement hormonal de la ménopause) désigne un traitement à base d’œstrogènes, associés à un progestatif chez les femmes non hystérectomisées, prescrit pour soulager les symptômes gênants de la transition hormonale. La Haute Autorité de Santé reconnaît un bénéfice médical réel pour les symptômes qui altèrent la qualité de vie, tout en signalant des risques (cancer du sein, thrombose) qui varient selon l’âge, la durée et la voie d’administration. Aucune décision ne se prend sans consultation médicale individuelle.

Information importante : cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas une consultation médicale et ne contient aucune recommandation de traitement. Pour toute question sur un symptôme ou une décision thérapeutique, un médecin traitant ou un gynécologue reste le bon interlocuteur.

Qu’est-ce que le THS, exactement ?

Le THS, aussi appelé THM (traitement hormonal de la ménopause), désigne un traitement médicamenteux qui apporte les hormones (œstrogènes, et le plus souvent progestérone ou un progestatif) dont la production ovarienne diminue puis s’arrête pendant la transition ménopausique. Il existe sous plusieurs formes : comprimés, patchs, gels ou sprays cutanés. Selon l’Inserm, la voie cutanée est aujourd’hui privilégiée dans de nombreuses situations car elle limite certains risques, notamment de thrombose veineuse, par rapport à la voie orale.

Le THS n’est ni un médicament unique ni une formule standard : la molécule, le dosage et la voie d’administration varient selon les symptômes, les antécédents et le profil hormonal de chaque femme. C’est précisément pour cette raison qu’aucun article ne peut se substituer à une évaluation individuelle par un professionnel de santé.

Pourquoi le THS suscite-t-il autant de prudence en France ?

La méfiance actuelle envers le THS trouve son origine dans l’étude américaine Women’s Health Initiative (WHI), publiée en 2002, qui a signalé une augmentation du risque de cancer du sein et d’événements cardiovasculaires chez des femmes traitées. Cette publication a entraîné une chute très nette des prescriptions dans le monde entier, y compris en France.

Des réanalyses menées depuis ont apporté des nuances importantes. L’âge des participantes de l’étude WHI (une majorité avait plus de 60 ans au début du traitement, parfois initié plus de dix ans après la ménopause) est aujourd’hui considéré comme un facteur déterminant dans les résultats observés. Les sociétés savantes actuelles, dont The Menopause Society (ex-NAMS) aux États-Unis, considèrent que le profil de risque diffère sensiblement lorsque le traitement démarre plus tôt dans la transition ménopausique, chez des femmes globalement en bonne santé. Cette nuance ne constitue pas une invitation à débuter un traitement sans avis médical : elle explique simplement pourquoi le discours a évolué depuis 2002.

Ce que disent aujourd’hui la HAS, l’ANSM et le CNGOF/GEMVi

La Haute Autorité de Santé reconnaît au THM « un bénéfice médical important pour le traitement des symptômes de la ménopause lorsqu’ils sont suffisamment gênants pour altérer la qualité de vie ». Deux indications sont reconnues : le traitement des symptômes liés au déficit en œstrogènes (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, troubles urinaires) et la prévention de l’ostéoporose chez les femmes récemment ménopausées présentant un risque de fracture élevé, lorsque les alternatives sont contre-indiquées ou mal tolérées.

Le CNGOF et le GEMVi (Groupe d’Étude sur la Ménopause et le Vieillissement hormonal) publient des recommandations pour la pratique clinique régulièrement actualisées, qui détaillent au corps médical les indications, les contre-indications et les modalités de suivi. L’ANSM, de son côté, surveille la sécurité des médicaments hormonaux disponibles en France et communique sur les risques identifiés, en particulier ceux liés à la voie d’administration.

Bénéfices documentés, en langage clair

Selon l’Inserm, le THM peut réduire nettement les symptômes gênants de la transition (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale) et diminuer le risque de fracture osseuse de 30 à 40 % chez les femmes traitées. Certaines données observationnelles citées par l’Inserm évoquent aussi une baisse de la mortalité globale chez les femmes traitées entre 50 et 60 ans, un résultat à interpréter avec prudence puisqu’il provient d’études d’observation et non d’essais randomisés portant spécifiquement sur ce critère.

Ces éléments ne constituent en aucun cas une invitation à démarrer un traitement : ils décrivent ce que la littérature scientifique documente aujourd’hui, à charge pour chaque femme d’en discuter avec son médecin au regard de sa situation propre.

Risques et contre-indications à connaître

La HAS identifie plusieurs risques associés au THM : une augmentation du risque de cancer du sein (qui croît avec la durée d’utilisation), un risque accru de cancer de l’endomètre en l’absence de progestatif associé chez les femmes non hystérectomisées, un risque de thrombose veineuse (plus marqué par voie orale que par voie cutanée selon l’Inserm) et un risque d’accident vasculaire cérébral, particulièrement au cours de la première année de traitement.

Des situations médicales rendent le THM déconseillé ou contre-indiqué : antécédent personnel de cancer du sein ou de l’endomètre, antécédent de maladie thromboembolique, certaines pathologies cardiovasculaires ou hépatiques. La liste complète des contre-indications et leur évaluation au cas par cas relèvent exclusivement d’une consultation médicale, jamais d’un contenu généraliste.

Ce que documentent HAS et Inserm sur le THM (synthèse informative, non exhaustive)
Ce qui est documenté Bénéfices Risques
Symptômes de la transition Réduction significative des bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale Effets indésirables possibles : tension mammaire, saignements, maux de tête
Os Réduction du risque de fracture de 30 à 40 % (Inserm) Non applicable directement
Sein Non applicable Risque augmenté, croissant avec la durée d’utilisation (HAS)
Veines Non applicable Risque de thrombose, plus élevé par voie orale que cutanée (Inserm)
Cœur et vaisseaux Non applicable directement Risque d’AVC, notamment la première année (HAS)

Sources : HAS, « Traitements hormonaux de la ménopause » ; Inserm, dossier Ménopause. Chaque situation individuelle module ces éléments : ce tableau ne se substitue pas à un avis médical.

Le THS pendant la périménopause : une situation particulière

Pendant la périménopause, les règles n’ont pas encore cessé et les cycles restent parfois présents, même irréguliers. Un traitement hormonal envisagé à ce stade diffère souvent d’un THM de ménopause installée : il peut prendre la forme d’une contraception hormonale adaptée, qui régule les cycles tout en atténuant certains symptômes, plutôt que d’un THM classique. Selon Ameli.fr, une contraception reste nécessaire tant que la ménopause n’est pas confirmée (absence de règles depuis douze mois consécutifs), car une grossesse demeure possible en périménopause.

Cette distinction explique pourquoi la discussion avec un gynécologue ou un médecin traitant, à ce stade précis, porte souvent autant sur la contraception que sur le traitement des symptômes proprement dit.

Les alternatives non hormonales existantes

Pour les femmes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas recourir à un THM, des alternatives non hormonales existent et font l’objet d’un encadrement médical spécifique : certains traitements médicamenteux non hormonaux peuvent être proposés pour les bouffées de chaleur, des approches non médicamenteuses (activité physique, gestion du stress, hygiène de vie) sont également documentées, et des traitements locaux existent pour la sécheresse vaginale. La phytothérapie et les compléments alimentaires font partie des options recherchées par de nombreuses femmes : leur niveau de preuve scientifique réel est détaillé dans l’article dédié du site (voir plus bas), car il varie fortement d’un produit à l’autre.

Comment préparer la discussion avec son médecin

Une consultation dédiée au THS se prépare. Noter la nature, la fréquence et l’intensité des symptômes ressentis (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse), les antécédents personnels et familiaux (cancer du sein, thrombose, maladies cardiovasculaires), les traitements en cours et les questions précises à poser (bénéfices attendus pour sa situation, risques individuels, durée envisagée, modalités de suivi) permet d’utiliser au mieux le temps de la consultation. Le médecin traitant, le gynécologue ou la sage-femme peuvent tous orienter vers cette discussion.

Conclusion

Le THS n’est ni une solution miracle ni un traitement à éviter par principe : c’est une option parmi d’autres, dont les bénéfices et les risques documentés par la HAS, l’ANSM, l’Inserm et le CNGOF/GEMVi s’évaluent au cas par cas, selon l’âge, les antécédents et l’intensité des symptômes de chaque femme. La seule décision fiable reste celle prise avec un professionnel de santé, informé de l’ensemble du dossier médical.

Questions fréquentes

Quels sont les effets secondaires possibles du THS ?

Les effets indésirables les plus courants sont une tension mammaire, des saignements irréguliers en début de traitement, des maux de tête ou une sensation de rétention d’eau. Les risques plus sérieux, comme la thrombose ou certains cancers, dépendent de la voie d’administration, de la durée du traitement et du profil de santé de chaque femme : ils sont évalués individuellement par le médecin prescripteur.

Quels sont les signes d’un manque d’œstrogène ?

Les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale, une fatigue inhabituelle, des troubles du sommeil et parfois des douleurs articulaires figurent parmi les signes le plus souvent rapportés. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de poser un diagnostic : un professionnel de santé les interprète dans leur contexte, éventuellement avec un bilan complémentaire.

Le THS est-il dangereux, à cause de l’étude WHI ?

L’étude WHI, publiée en 2002, a alerté sur des risques de cancer du sein et d’accidents cardiovasculaires. Des réanalyses menées depuis, prenant en compte l’âge des femmes suivies et le moment de début du traitement, ont nuancé ces résultats. Les sociétés savantes actuelles considèrent que le rapport bénéfice/risque s’évalue au cas par cas, notamment selon l’âge de début et la durée d’utilisation.

Peut-on prendre un THS pendant la périménopause, avant l’arrêt des règles ?

Un traitement hormonal peut être envisagé dès la périménopause dans certaines situations, souvent sous une forme différente d’un THM de ménopause installée, fréquemment associée à une contraception tant que les cycles n’ont pas cessé. Cette décision relève d’une évaluation médicale individuelle.

Quel est le meilleur traitement hormonal pour la ménopause ?

Il n’existe pas de traitement universellement « le meilleur » : le choix de la molécule, de la voie d’administration et de la posologie dépend des symptômes, des antécédents médicaux et des préférences de chaque femme. Cette décision se construit avec un médecin, jamais sur la base d’un article généraliste.

Combien de temps peut-on prendre un THS ?

Les recommandations françaises préconisent la dose efficace la plus faible, pour la durée la plus courte possible au regard des symptômes, avec une réévaluation du rapport bénéfice/risque au moins une fois par an avec le médecin prescripteur.

Rappel important : cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. Il ne contient aucune recommandation de traitement individualisé. Pour toute question sur vos symptômes ou une décision de traitement, consultez un professionnel de santé (médecin traitant, gynécologue, sage-femme).

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Sources

  • Haute Autorité de Santé (HAS), « Traitements hormonaux de la ménopause » — has-sante.fr
  • Inserm, dossier « Ménopause » — inserm.fr
  • Ameli.fr (Assurance Maladie), « Périménopause (préménopause) : symptômes et contraception » — ameli.fr
  • CNGOF / GEMVi, Recommandations pour la pratique clinique, Ménopause 2021 — cngof.fr
  • ANSM — Agence nationale de sécurité du médicament — ansm.sante.fr
  • The Menopause Society (ex-NAMS), Patient Education — menopause.org

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